VEILLÉES AU CLAIR DE LUNE

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Il me souvient encor des veillées d'autrefois,
Des longues nuits d'été, à l'heure où la fraîcheur
Épandait ses bienfaits, on s'installait tous trois,
Sur le pas de la porte, goûtant notre bonheur :
Mon père se laissait choir lourdement sur sa chaise,
Ma mère déployait sa chaise longue en bois,
Moi, langoureusement étalé à mon aise
Sur une natte au sol. Heureux comme des rois !
          C'étaient… les choses simples de la vie.

Mon père et ma mère devisaient gravement.
Un voisin attardé, regagnant sa demeure,
Saluait au passage, cérémonieusement :
« 
On prend le frais, Jacob ? Il fait bon à cette heure !
- C'est l'instant le plus doux
. » lui répondait mon père.
Et immanquablement, souhaits de bonne nuit,
Banalités. Magie du verbe qui opère
Réelle connivence, rapprochement fortuit.
           C'étaient… les choses simples de la vie.

Les voix de mes parents se faisaient plus feutrées,
Parfois entrecoupées de silences complices.
Ils voulaient m'épargner les peines rencontrées
À joindre les deux bouts, les réels sacrifices
Qu'ils s'imposaient alors, pour prix de mes études.
La nuit s'épaississait, s'amenuisait le bruit,
L'heure était au repos, à la mansuétude,
L'horloge de l'église allait sonner minuit.
             C'étaient… les choses simples de la vie.         

249 - M.B - 27.07.2001
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