L'ESCALIER DE MON PÈRE

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Jadis à Zemmora, face à notre maison,
Compensant du chemin la forte inclinaison,
Un petit escalier invitait au passage,
Rehaussé d'une rampe, facilitant l'usage.

Si l'on a retiré la rampe incitative,
Mesure sécuritaire, autant que préventive,
Théâtre des exploits de nos jeunes années,
Chutes acrobatiques, glissades alternées,

L'escalier est resté. Les anciens l'ont nommé
En hommage à mon père, autrefois estimé
Pour son intégrité et son humilité,
L'escalier de Jacob. Le nom lui est resté.


Il y a bien longtemps que les derniers roumis*
Ont quitté le village, leurs maisons, leurs amis,
Leur souvenir s'estompe, bien qu'ici-là subsiste
La trame d'un passé qui à l'oubli résiste.

Quand deux octogénaires, par un heureux hasard,
Zemmoréens de souche, quarante années plus tard,
Se croisent au village, c'est toute leur enfance,
Que leurs mots enjoués ressuscite et relance.

Pour évoquer un lieu, conter une anecdote,
Ils gardent l'esprit clair, bien que la voix chevrote.
Point n'est besoin de rue, l'escalier de mon père,
Malgré le poids des ans, leur tient lieu de repère.

250 - M.B - 07.08.2001

Roumis : non musulmans

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